Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/567

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un petit vilain échantillon que je vous enverrai avec autre chose, si je ne trouve pas mieux ; mais comme il croit en abondance autour de l’étang de Montmorency, j’y compte aller herboriser le printems prochain, & vous envoyer s’il se peut, plantes & graines. Depuis que je suis à Paris je n’ai été encore que trois ou quatre fois au jardin du Roi, quoi qu’on m’y accueille avec la plus grande honnêteté & qu’on m’y donne volontiers des échantillons de plantes, je vous avoue que je n’ai pu m’enhardir encore à demander des graines. Si j’en viens là, c’est pour vous servir que sen aurai le courage, mais cela ne peut venir tout d’un coup. J’ai parlé a M. de Jussieu du Papyrus que vous avez rapporté de Naples ; il doute que ce soit le vrai papier Nilotica. Si vous pouviez lui en envoyer soit plante soit graines, soit par moi soit par d’autres, j’ai vu que cela lui seroit grand plaisir, ce seroit peut-titre un excellent moyen d’obtenir de lui beat beaucoup de choses qu’alors nous aurions bonne grace à demander, quoique je sache bien par expérience qu’il est charmé d’obliger gratuitement ; mais j’ai besoin de quelque chose pour m’enhardir, quand il faut demander.

Je remets avec cette lettre a Mrs. Boy de la Tour qui s’en retournent, une boîte contenant une araignée de mer qui vient de bien loin ; car on me l’a envoyée du golphe du Mexique. Comme cependant ce n’est pas une piece bien rare & qu’elle a été fort endommagée dans le trajet, j’hésitois à vous l’envoyer ; mais on me dit qu’elle peut se raccommoder & trouver place encore dans un cabinet ; cela supposé, je vous prie de lui en donner une dans le vôtre, en considération d’un