Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/57

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


RÉFUTATION DU DISCOURS QUI À REMPORTÉ LE PRIX DE L’ACADÉMIE DE DIJON EN L’ANNÉE 1750, LUE DANS UNE SÉANCE DE LA SOCIÉTÉ ROYALE DE NANCY, PAR M. GAUTIER, CHANOINE RÉGULIER & PROFESSEUR DE MATHÉMATIQUE & D’HISTOIRE.*

[*M. Rousseau répondit à cette réfutation par sa lettre à m. Grimm qui se trouvé à la page 65 du second volume des mélanges.]

[v. Lettre de Jean-Jaques Rousseau, Sur La Réfutation de son Discours, Par M. Gautier]

[par M. Gautier]

L’ETABLISSEMENT que Sa Majesté a procuré pour faciliter le développement des talens & du génie, a été indirectement attaqué par un ouvrage, où son tâche de prouver que nos ames se sont corrompue à mesure que nos Sciences & nos Arts se sont perfectionnés, & que le même phénomene s’est observé dans tous les tems & dans tous les lieux. Ce Discours de M. Rousseau renferme plusieurs autres propositions, dont il est très-important de montrer la fausseté, puisque, selon de savans Journalistes, il paroît capable de faire une révolution dans les idées de notre siecle. Je conviens qu’il est écrit avec une chaleur peu commune, qu’il offre des tableaux d’une touche mâle & correcte : plus la maniere de cet ouvrage est grande & hardie, plus il est propre à en imposer, et accréditer des maximes pernicieuses. Il ne s’agit pas ici de ces paradoxes littéraires, qui permettent de soutenir le pour ou le contre ; de ces vains sujets d’éloquence, où l’on fait parade de pensées futiles, ingénieusement contrastées. Je vais, Messieurs, plaider une cause qui intéresse votre