Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/577

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de votre santé & celle de ma chere mere. Pour la mienne, je ne sais s’il vaut la peine de vous dire que je suis tombé depuis le commencement de l’année dans une langueur extraordinaire ; ma poitrine est affectée, & il y a apparence que cela dégénérera bientôt en phtisie ; ce sont les soins & les bontés de Madame de Warens qui me soutiennent & qui peuvent prolonger mes jours ; j’ai tout à espérer de sa charité & de sa compassion, & bien m’en prend.

LETTRE II.

Du 26 juin 1736.

MON CHER PERE,

Plus les fautes sont courtes & plus elles sont pardonnables. Si cet axiome a lieu, jamais homme ne fut plus digne de pardon que moi ; il est vrai que je suis entiérement redevable aux bontés de Madame de Warens de mon retour au bon sens & à la raison ; c’est encore sa sagesse & sa générosité qui m’ont ramené de cet égarement-ci ; j’espere que par ce nouveau bienfait, l’augmentation de ma reconnoissance & mon attachement respectueux pour cette Dame, lui seront de forts garants de la sagesse de ma conduite à l’avenir ; je vous prie, mon cher pere, de vouloir bien y compter aussi, & quoique je comprenne bien que vous n’avez pas lieu de faire grand fond sur la solidité de mes réflexions après ma nouvelle démarche ; il est juste pourtant que vous sachiez que je n’avois point pris mon parti si