Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/606

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REPONSE Au Mémoire anonyme, intitulé : Si le monde que nous habitons est une sphere, &c. inséré dans le Mercure de Juillet, p. 1514.

MONSIEUR,

Attiré par le titre de votre mémoire, je l’ai lu avec toute l’avidité d’un homme qui, depuis plusieurs années, attendoit impatiemment avec toute l’Europe le résultat de ces fameux voyages entrepris par plusieurs membres de l’Académie royale des sciences, sous les auspices du plus magnifique de tous les Rois. J’avouerai franchement, Monsieur, que j’ai eu quelque regret de voir que ce que j’avois pris pour le précis des observations de ces grands hommes, n’étoit effectivement qu’une conjecture hasardée, peut-être, un peu hors de propos. Je ne prétends pas pour cela avilir ce que votre mémoire contient d’ingénieux : mais vous permettrez, Monsieur, que je me prévale du même privilege que vous vous êtes accordé, & dont selon vous, tout homme doit être en possession, qui est de dire librement sa pensée sur le sujet dont il s’agit.

D’abord il me paroît que vous avez choisi le tems le moins convenable pour faire part au public de votre sentiment. Vous nous assurez, Monsieur, que vous n’avez point eu en vue de ternir la gloire de MM. les Académiciens observateurs, ni diminuer le prix de la générosité du Roi. Je suis assurément