Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/609

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d’une part, & les Anglois de l’autre, lesquels, à la vérité, ne s’accordent pas entr’eux sur la figure de la terre, mais qui se réunissent en ce point de nier sa sphéricité. En vérité, Monsieur, si la gloire de vaincre augmente à proportion du nombre & de la valeur des adversaires, votre victoire, si vous la remportez, sera accompagnée d’un triomphe bien flatteur.

Votre premiere preuve tirée de la tendance égale des eaux vers leur centre de gravité, me paroît avoir beaucoup de force, & j’avoue de bonne foi que je n’y sais pas de réponse satisfaisante. En effet, s’il est vrai que la superficie de la mer sphérique, il faudra nécessairement, ou que le globe entier suive la même figure, ou bien que les terres des rivages soient horriblement escarpées dans les lieux de leurs alongemens. D’ailleurs (& je m’étonne que ceci vous ait échappé), on ne pourroit concevoir que le cours des rivieres pût tendre de l’équateur vers les pôles, suivant l’hypothese de M. Cassini : celle de M. Newton seroit aussi sujette aux mêmes inconvéniens ; mais dans un sens contraire : c’est-à-dire, des lieux bas vers les parties plus élevées, principalement a environs des cercles polaires & dans les régions froides où l’élévation deviendroit plus sensible : cependant, l’expérience nous apprend qu’il y a quantité de rivieres qui suivent cette direction.

Que pourroit-on répondre à de si fortes instances ? Je n’en sais rien du tout. Remarquez cependant, Monsieur, que votre démonstration, ou celle du P. Tacquet, est fondée sur ce principe, que toutes les parties de la masse terraquée tendent par leur pesanteur vers un centre commun qui n’est qu’un point,