Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/612

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entr’eux, étant inégaux suivant l’inégalité des rayons, il se peut très-bien que les différences qu’on a trouvées entre les degrés mesurés, quoique avec toute l’exactitude & la précision dont l’attention humaine est capable, viennent des différentes élévations sur lesquelles ils ont été pris, lesquelles ont dû donner des arcs inégaux en grandeur, quoiqu’égales portions de leurs cercles respectifs.

J’ai deux choses à répondre à cela. En premier lieu, Monsieur, je ne crois point que la seule inégalité des hauteurs sur lesquelles on a fait les observations, ait suffi pour donner des différences bien sensibles dans la mesure des degrés. Pour s’en convaincre, il faut considérer que suivant le sentiment commun des géographes, les plus hautes montagnes ne sont non plus capables d’altérer la figure. de la terre, sphérique ou autre, que quelques grains de fable ou de gravier sur une boule de deux ou trois pieds de diametre. En effet on convient généralement aujourd’hui qu’il n’y a point de montagne qui ait une lieue perpendiculaire sur la surface de la terre ; une lieue cependant ne seroit pas grand’chose, en comparaison d’un circuit de 8 ou 9000. Quant à la hauteur de la surface de la terre même par dessus celle de la mer, & derechef de la mer par dessus certaines terres, comme par exemple du Zuiderzée au-dessus de la Northolande, on sait qu’elles sont peu considérables. Le cours modéré de la plupart des fleuves & des rivieres ne peut être que l’effet d’une pente extrêmement douce. J’avouerai cependant que ces différences prises à la rigueur seroient bien capables d’en apporter dans les mesures : mais de bonne foi, seroit-il raisonnable de tirer avantage de toute la