Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/617

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LETTRE DE M. CHARLES BONNET, Au sujet du Discours de M. J. J. Rousseau de Geneve, sur l’Origine & les Fondemens de l’inégalité parmi les Hommes.*

[*Cette lettre a été imprimée dans le Mercure de France du mois d’Octobre 175 1.]

Je viens, Monsieur, de lire le Discours de M. J. J. Rousseau de Geneve sur l’origine & les fondemens de l’inégalité parmi les hommes. J’ai admiré le coloris de cet étrange tableau ; mais je n’ai pu admirer de même le dessin & la représentation. Je fais grand cas du mérite & des talens de M. Rousseau, & je félicite Geneve, qui est aussi ma Patrie, de le compter parmi les hommes célebres auxquels elle a donné le jour : mais je regrette qu’il ait adopté des idées qui me paroissent si opposées au vrai & si peu propres à faire des heureux.

On écrira, sans doute, beaucoup contre ce nouveau Discours, comme on a beaucoup écrit contre celui qui a remporté le prix de l’Académie de Dijon : & parce qu’on a beaucoup écrit & qu’on écrira beaucoup encore contre M. Rousseau, on lui rendra plus cher un paradoxe qu’il n’a que trop caressé. Pour moi qui n’ai nulle envie de faire un livre contre M. Rousseau, & qui suis très convaincu que la dispute est de tous les moyens, celui qui peut le moins sur ce génie hardi & indépendant, je me borne à lui proposer d’approfondir un