Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/89

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Ce n’est point la Science-devant des hommes vertueux. Défendre la vertu contre la Science qu’on regarde comme incompatible avec la premiere, n’est-ce point maltraiter cette Science ? Et quand tout le Discours de l’Auteur tend à prouver l’incompatibilité de ces deux qualités, la vertu & la Science, comment peut-il composer chaque Académicien de Dijon de deux hommes, l’un Vertueux & l’autre Docte ? Cette distinction subtile, par laquelle il a cru échapper aux contrariétés qu’il a lui-même remarquées dans son procédé, n’est-elle pas des plus frivoles ?

La probité est—pour le sentiment de l’Orateur. Le sentiment de l’Orateur, si je ne me trompé, fait la piece principale de la constitution du Discours. Si le premier n’est point juste, l’autre ne sauroit être solide ; & un discours sans justesse & sans solidité a beau être séduisant, il n’aura point mon suffrage.

Les Souverains—jugé en sa propre cause. L’Auteur convient donc qu’il attaque les Sciences, & que par-là nous devenons ses parties. Il ne nous regarde plus ici que comme Savans ; mais nous nous souviendrons d’une chose qu’il a déjà oubliée, qui est que nous sommes gens de bien, & par-là nous serons ses partisans contre la Science, & des premiers à y renoncer, s’il prouve bien que celle-ci est contraire à la vertu.