Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/90

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PREMIERE PARTIE.

C’est un grand & beau spectacle-depuis peu de générations. Voilà sans doute ce que l’Auteur rappelle le renouvellement des Sciences & des Arts. Il a raison de trouver ce spectacle grand, beau, merveilleux ; on peut ajouter hardiment sur cette seule description, que cette admirable révolution, le triomphe, l’apothéose de l’esprit humaine est encore de la plus grande utilité pour les mœurs, pour le bien de la société, puisque notre Orateur reconnoît lui-même qu’une partie de ces Sciences renferme la connoissance de l’homme, de sa nature, de ses devoirs & de sa fin.

L’Europe-que l’ignorance. L’ignorance est donc déjà un état bien pitoyable ; c’est pourtant là le sujet des éloges de ce Discours, la base de la probité & le grand ressort de la félicité, selon notre Auteur.

Je ne sais quel jargon — au sens commun. La barbarie, l’état sauvage, la privation des Sciences & des Arts met donc les hommes hors du sens commun, puisque cette merveilleuse révolution les y a ramenés.

Elle vint enfin du côté-naturelle. Il n’y a ici rien d’étrange qu’une petite tournure énigmatique dans le style ; défaut qui n’est peut-être aussi que trop naturel aux Ecrivains de notre siecle. Les Sciences suivirent les Lettres ; cela est très-naturel, ce me semble : on apprend les langues ; on apprend à les parler, a les écrire poliment avant de pénétrer dans