Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/94

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un ornement à la véritable vertu quand on la posséde, & un grand acheminement vers elle quand on n’a point encore atteint sa perfection.

Si nos maximes nous servoient de regles. On veut dire si notre conduite étoit conforme à nos maximes & à nos regles. Il arrive souvent sans doute, qu’elle n’y est pas conforme ; mais combien plus souvent ce désordre n’arrivera-t-il pas à ceux qui n’ont ni regle ni maxime, aux ignorans, aux rustres, aux barbares ?

Si la véritable Philosophie — du titre de Philosophe ! Par la même raison il y a bien des Philosophes qui n’en ont que le nom ; mais qu’il y auroit encore bien moins de Philosophes, s’il n’y avoit point du tout de Philosophie !

Mais tant de qualités-en si grande pompe. S’il y a de la pompe ici, c’est dans le Discours de notre Orateur, & non pas dans la décence & dans le titre de Philosophe, qui décorent l’homme sage, vertueux & simple tout ensemble.

D’ailleurs.... aut virtus nomen inane est, Aut decus & pretium rectè petit experiens vir.

Horat. Epist.

L’Auteur du Discours voudroit-il qu’on crût qu’il renonce à la vertu, parce qu’il aspire au titre de grand Orateur, & à la pompe d’une victoire sur tous ses concurrens.

La richesse de la parure — se reconnoît à d’autres marques. Le sage, comme l’homme robuste, se reconnoît à ses actions ; mais l’un & l’autre peut être paré & élégant, sans que cette circonstance dégrade leur mérite, au contraire elle le relevera, si la décence préside à leur parure.