Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/117

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fait qu’en rire s’il n’en est pas indigné. Au lieu que la philosophie sacrée, toute vraie & toute historique, est la décence même, & la regle constante de nos mœurs. Car M. R. qui ne voit pas pourquoi lé premier homme s’habilla, voit pourtant tous les jours tous les hommes & lui-même s’habiller par pudeur & par besoin.

Que va-t-il s’embarrasser d’un premier homme fictif, dont il n’a aucunes nouvelles à nous donner, & qu’il convient même qui n’a jamais existé ? Gens comme lui, qui n’en savent pas plus que les autres, doivent se contenter de voir les hommes tels qu’ils sont, & tels qu’ils ont évidemment toujours été dans les positions extrêmes où il les met sans nécessité.

Sur les arts, l’Auteur croit qu’il a fallu bien des siecles, pour trouver le simple art de faire du feu. Il nous croit sans doute comme les Pongos, espece de singes, qui se chaussent volontiers au premier feu qu’ils rencontrent ; mais ne s’avisent jamais d’en allumer, manque de le savoir. Mais les langues & le simple art de la parole poussent à bout la philosophie généalogique de M. R. On ne voit chez lui pas le moindre vestige, le moindre indice, qu’il ait jamais lu ou entendu parler de la Genese, qui est justement la vraie philosophie généalogique de Moyse, où sans se piquer de philosophie & de recherche, ce saint Législateur n’a eu la peine que de dire le vrai historique des choses, sous la dictée du St. Esprit, & la lueur pure de la tradition.

Réellement les Philosophes & les savans Erudits sont à plaindre avec leurs systêmes, de vouloir éternellement deviner les