Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/118

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origines de toutes choses, tandis que Moyse nous les donne tout au vrai dans sa Genese ou dans son Pentateuque, & cela sans mystere, sans ambiguité ; & dans son. historique le plus simple & le plus naïf. C’est de ce ton que Caïn est dit avoir bâti Enochia, la premiere ville de l’univers ; Jubal, avoir inventé la musique à cordes & à vent, Tubalcaïn, avoir inventé la métallurgie à la fonte & au marteau ; Enos, avoir mis le premier en regle le culte du Seigneur ; Noé, avoir bâti l’arche ou le premier vaisseau, avoir planté la vigne ; ses enfans, avoir bâti Babylone & sa tour, &c.

Or, je ne me crois pas un plus grand, mais bien un plus, vrai philosophe que M. R. en fâchant tout cela, tel que Moyse me l’apprend. Pour ce qui est des langues, dont M. R. est si en peine de découvrir l’invention, ignore-t-il qu’Adam parloit à Dieu dans le jardin des délices, qu’il nomma de leur nom tous les animaux ; que dès qu’il vit Eve, il devint disert, éloquent, prophète & comme poëte en sa faveur, avec toute la décence possible, & d’un ton digne de Dieu même, qui étoit présent & la lui présentoit ? Je suis, M. votre très-humble, &c.