Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/152

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Je remercie M. R. de la meilleure foi du monde, de m’avoir fourni l’occasion de le réfuter. Je ne puis lui en vouloir aucun mal ; au contraire, je lui veux un grand bien. Je voudrois le convertir, ai-je dit, je n’en suis pas digne. Je prie tous les honnêtes gens, les bons chrétiens, les ecclésiastiques sur-tout, de se joindre à moi, d’y faire mieux que moi, de m’y aider au moins de leurs prieres & de leurs vœux : le sujet en vaut la peine : M. R. a beaucoup d’esprit, puisqu’il a tiré tout ce systême-là de son esprit.

Il doit l’avoir inventif & créateur. Qu’il l’applique aux arts, aux sciences profanes, où un tel esprit n’est jamais un esprit perdu. Qu’il laisse la religion, le gouvernement & les mœurs. Il ne les connaît pas, ou, ce qui est pis, il les méconnoît, & est prévenu de mille préjugés contradictoires d’une philosophie plus raisonneuse, que raisonnable, ou raisonnée.

M. R. ne dit pas tout ce qu’il pense des Missionnaires apostoliques, ni des Princes qui s’en servent, pour convertir les Sauvages confiés à leur religion, autant qu’abandonnés à leur autorité & assujettis à leur empire. Voilà la différence de M. R. obligé de s’en taire, & de dissimuler sa vraie façon de penser de tout cela, & de quelqu’un comme moi, qui sans craindre de heurter aucune autorité légitime, ni aucune façon de penser en chrétien, & en honnête homme, ose bien dire & lui dire hautement, que les Princes chrétiens & les Missionnaires ecclésiastiques ou religieux, qui travaillent à ramener les Sauvages dans le sein de l’Eglise, dans le bercail de Saint Pierre, vicaire de Jésus-Christ, ne travaillent pourtant que pour les retirer de leur vie sauvage, telle que M. R. l’approuve,