Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/217

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de notre langue, s’il n’en connaît point le noble, le fin & gracieux. Ses adages, sa tourbe philosophesque sont sous une telle plume d’un méprisant infini de la part d’un Genevois, pour ne pas dire, d’un Savoisien helvétique. Soit dit en représailles, sans vouloir mépriser personne, non pas même cette personne-là.

Cette personne, ce grand personnage se croit philosophe, non de la tourbe, ni du commun, parce qu’il lui plaît à quatre ou cinq mille lieues de distance, de voir des hommes dans des Pongos, où d’honnêtes & habiles gens n’ont vu de très-près que des singes ou des bêtes ; & qu’il lui plaît aussi à la même distance, de ne voir que des bêtes, là où les missionnaires & les marins marchands ou soldats ont vu des hommes, tels qu’on les voit ;sans sortir de sa rue.

Bien surement M. R. est malade ; & s’il étoit permis de plaider pour lui auprès des grands magistrats, qui pourroient enfin vouloir le réprimer, je me jetterois à leurs genoux, pour que ce ne fût point dans une maison de force, mais tout au plus dans quelque hôpital de convalescens ou d’incurables qu’il fût logé avec toute liberté, si ce n’est d’écrire, & avec toutes sortes de bien-aises de sa personne.

Il ignore cette chanson, qui a été trouvée pleine d’esprit de la part du P. L. S. J.

Un voyageur qui court le monde Est un peu foible de cerveau,

S’il croit dans la machine ronde Voir quelque chose de nouveau ;