Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/219

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M. R. dans le genre même dont se mêle M. R. puisque de près comme de loin ils ont apperçu la plus grande différence qui puisse se trouver entre homme & homme, différence plus grande que celle de l’homme à la bête & au Pongo, savoir celle de bélial à J. C. & de la pure humanité corrompue au christianisme ou à l’humanité réparée, c’est-à-dire, encore de I’image du démon à celle de Dieu.

Cette différence n’est-elle rien aux yeux d’un grand Philosophe comme M. R. qui se vante pourtant d’avoir des yeux faits pour voir ? Voyant ici tout comme là & là comme ici, des Pongos hommes & des hommes Pongos, & ne voyant que des bêtes par-tout. Chacun a ses yeux. Encore les bêtes ont-elles constamment de meilleurs yeux, voyant des hommes par-tout où il y en a & les respectant, au lieu que M. R. ne voit dans tous les hommes que des bêtes, & dans les bêtes que des hommes sans respect pour homme ni Dieu,

Tout franc, je ne suis plus flatté que M. R. ait cru autrefois voir de la musique dans mon clavecin oculaire. Il l’entendoit sans doute de notre musique, qui n’est pas une musique selon lui. Encore ne le prendrois-je pas pour juge de la simple diversité de mes couleurs. Il les prendroit toutes pour du jaune, couleur de bile noire.

Il y a, dit l’ingénieux M, de Fontenelle, des horloges qui sonnent les heures, d’autres les quarts, demi-quarts, les minutes même, & d’autres qui marquent jusqu’aux secondes. Et il y a de même, dit cet Auteur élégant & fin ; il y a des esprits qui ne voyent que les gros objets qu’ils confondent même souvent comme l’homme avec la bête, & d’autres