Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/223

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telle invitation qui l’honoreroit peu, comme savant & homme de lettres, M. R. ne doit pas se formaliser de me voir m’en formaliser pour lui moi-même ; moi, dis-je, qui prétends bien m’honorer de l’honneur d’un tel ami.

Rien ne paroît plus puéril que ce projet de M. R. Il dit : “Supposons que ces nouveaux Hercules de retour de ces courses mémorables fissent ensuite à loisir l’histoire naturelle, morale & politique de ce qu’ils auroient vu, nous verrions nous-mêmes sortir un monde nouveau de dessous leur plume ( un François, un bon écrivain diroit : sortir de leur plume ) & nous apprendrions ainsi à connoître le nôtre. Je se dis que quand de pareils observateurs affirmeront d’un tel animal que c’est un homme, & d’un autre que c’est une bête, il faudra les en croire. Mais ce seroit une grande simplicité de s’en rapporter là-dessus à des voyageurs grossiers, sur lesquels on seroit tenté quelquefois de faire la même question qu’ils se mêlent de résoudre sur d’autres animaux.”

Ceux qui n’ont pas lu M. R. ne m’en croiroient peut-être pas si je ne justifiois par ses propres paroles le but que je lui prête dans tout ceci, de ne vouloir connoître que des bêtes sommes ou des hommes bêtes, en y employant de préférence des Montesquieu, des Buffon, des d’Alembert, des Diderot, &c. tous gens au-dessus de lui, & qu’il devoit respecter de plus d’une façon, & pour plus d’une raison qu’il peut deviner.

Du reste, si ce dernier morceau qui est d’appareil & dans le grand de l’Auteur, est bien écrit, ce n’est pas au moins dans le noble, le décent & l’élégant. Je parle du style, car