Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/236

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conséquent la divinité. Et après avoir tant parlé, vous vous plaignez que ce n’est pas à vous qu’on permet de parler ! Et moi qu’on tient comme en arrêt, vis-à-vis de mon clavecin & de mes ouvrages, en me disant pourtant toujours de faire & d’imprimer ; je ne me plains de rien : mais j’observe ?. 1°.Que mes nouveautés, mes ouvrages, mon clavecin ne sont nouveautés, qu’en addition aux sciences, aux arts, à l’ancienne musique. Je n’anéantis pas notre musique, la musique ordinaire, l’auriculaire. Je double la musique, en la rendant en même-tems auriculaire & oculaire ; & quand je ne réussirois pas, prenez, dirois-je, que je n’ai rien dit. La musique ordinaire n’en est pas de pire condition. Je n’ôte à personne ses oreilles ; je donne même à tout le monde des yeux, pour entendre & goûter la musique. Les sourds pourront voir la musique auriculaire : les aveugles pourront entendre la musique oculaire ; & ceux qui auront yeux & oreilles, jouiront mieux de chacune, en jouissant des deux.

2°. J’ai procédé régulièrement & en bon citoyen. Je n’inventai mon clavecin, qu’après avoir applaudi aux découvertes de M. Rameau, & en avoir mis le public en possession. Ma nouvelle musique ne fut qu’une confirmation & un complément, un à fortiori, un redoublement de l’ancienne musique. Je suis fâché d’honorer peu M. R. en me comparant à lui, ou en le comparant à moi. Je lui en demande sincérement pardon, en me le demandant à moi-même. Son premier ouvrage détruit les sciences & les arts. Son second détruit spécialement la musique. Son troisieme détruit tout, jusqu’à la matiere premiere du gouvernement, de la religion, des mœurs, de la