Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/340

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seul plus sage que tout le monde ; il dépend de moi, non de changer de sentiment, mais de me défier du mien : voilà tout ce que je puis faire & ce que je fais. Que si je prends quelquefois le ton affirmatif, ce n’est point pour imposer au lecteur, c’est pour lui parler comme je pense. Pour-quoi proposerois-je par forme de doute, ce dont, quant à moi, je ne doute point ? Je dis exactement ce qui se passe dans mon esprit.

En exposant avec liberté mon sentiment, j’entends si peu qu’il fasse autorité, que j’y joins toujours mes raisons, afin qu’on les pese, & qu’on me juge : mais quoique je ne veuille point m’obstiner à défendre mes idées, je ne m’en crois pas moins obligé de les proposer ; car les maximes sur lesquelles je suis d’un avis contraire à celui des autres, ne sont point indifférentes. Ce sont de celles dont la vérité, ou la fausseté importe à connoître, & qui sont le bonheur ou le malheur du genre-humain.” *

[*Voyez la Préface d’Emile.]

Est-il possible qu’il existe des propositions dont on soit en droit de faire un crime à l’Auteur qui s’est expliqué ainsi ? C’est pourtant à lui qu’on attribue l’art si familier à ses adversaires de colorer des mensonges ! C’est à J. J. Rousseau dont la conduite prouve la conviction ; dont la morale excessivement sévere, ne l’est cependant pas plus que ses mœurs ! Enfin à J. J. Rousseau, qui a porté si loin l’exercice de toutes les vertus, que ses détracteurs dans le désespoir de ne pouvoir lui reprocher un vice*

[*Des inculpations dénuées de fondement ne sont pas des reproches] se rabattent à l’accuser d’hypocrisie, le plus