Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/345

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elles qui lui sont des jaloux ? Non. Mais ses talens son trop incontestables ; il faut bien l’attaquer du côté du cœur, qui a toujours bien moins d’occasions que l’esprit de paroître.

Je suis fâchée, Monsieur, que le louable empressement de rendre hommage à la vertu méconnue, vous ait empêché d’étendre plus loin vos observations. Vous auriez dit que l’accusation dont Jean-Jaques charge M. D......quoiqu’elle soit injuste, doit paroître bien excusable.

1°. Jean-Jaques a cru reconnoître le style de ce célebre Ecrivain, dans la lettre qu’on osa produire sous le nom du roi de Prusse ; & il faut convenir que, pour un homme tel que Jean-Jaques, cette présomption a la force d’une preuve. Or cette raison de croire que M. D.... étoit l’auteur de cette lettre, n’étoit balancée par aucune raison d’en douter, à moins qu’elle ne fût prise dans le caractere de M. D.... chose très- problématique pour le public, qui ne le connoît que par ses ouvrages ; puisqu’on se croit en droit de diffamer Jean-Jaques malgré les siens. C’est donc un point du procès, sur lequel tous ceux qui ne vivent pas intimement avec M. D.... doivent juger Jean-Jaques avec la plus grande circonspection.

2°. Cette accusation a précédé la déclaration que M. D.... adresse aux éditeurs de l’Exposé succinct, &c. puisque c’est elle qui paroît y donner lieu. D’ailleurs, bien que cette déclaration soit sans date, elle ne doit avoir été faite qu’après que le soupçon de Jean-Jaques a été divulgué par M. Hume : il étoit pas naturel que M.D.... allât au-devant.

3°. L’auteur de la traduction françoise de l’impertinente lettre de M. Walpole s’obstine à se cacher ; & ce n’est certainement