Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/350

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pas croire, ne regardant M. Hume seulement que comme un homme sensé, qu’elle le devînt jamais ; qu’il est fort différent de se plaindre à un homme des sujets de mécontentement qu’on a reçus de lui & de ses amis, ou de mettre l’univers dans la confidence de sa façon de penser sur le compte de cet homme, & de ceux qui tiennent à lui ; & qu’ainsi Jean-Jaques a pu dire tout ce qu’il a dit à M. Hume, sans déroger à l’horreur qu’il a toujours eue pour les personnalités.

Vous auriez dit, Monsieur, que c’est M. Hume, en divulguant le soupçon de Jean-Jaques, & non pas Jean-Jaques en le lui communiquant, qui force M. D.... à paroître lié avec les éditeurs de M. Hume. Désagrément qui doit être bien sensible à un homme aussi scrupuleusement délicat, droit, & honnête que M. D.... Quelles gens ce sont, Monsieur, que ces éditeurs ! Le Ciel nous préserve qu’ils s’avisent de se faire auteurs !

Enfin, Monsieur, vous auriez dit, que la seule chose répréhensible dans la lettre de Jean-Jaques, est la confiance avec laquelle il avance que M. de Voltaire lui a écrit une lettre dont le noble objet est de lui attirer le mépris & la haine de ceux chez qui il s’est réfugié. Je ne conçois pas comment Jean-Jaques a pu attribuer à M. de Voltaire cet infâme libelle intitulé : Le Docteur Jean-Jaques Pansophe, ou Lettre de M. de Voltaire ; & j’avoue que j’aurois peine à lui pardonner cette méprise, s’il ne l’avoir faite dans un tems où l’oppression de son cœur, devoit gêner la liberté de son esprit. Quoi ! parce que M. de Voltaire fait quelquefois des méchancetés, en faut-il inférer qu’il fasse toutes celles que des méchans