Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/355

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REFLEXIONS Sur ce qui s’est passé au sujet de la rupture de J. J. Rousseau & de M. Hume.

De toutes les scenes scandaleuses que la philosophie n’a pas empêché les philosophes de donner au public, aucune n’a autant enrichi les faites de la méchanceté humaine, que la querelle qui divise M. Hume, & J. J. Rousseau. Un homme assez froid sur cet objet, ou assez sage, pour avoir dédaigné de lire les différentes brochures auxquelles il a donné naissance, permis pourroit jamais imaginer combien d’impostures on s’est permis de débiter contre Jean-Jaques ; ou sous des noms empruntés, ou sous le masque de l’anonyme. Quand je dis que les accusations intentées contre ce grand-homme sont des impostures, ce n’est pas que je pusse le démontrer incontestablement. Ne l’ayant suivi dans aucune circonstance de sa vie, cela me seroit impossible ; je ne crains point d’en convenir. Je ne veux employer pour le défendre, aucune des armes que je trouve odieux qu’on emploie pour l’attaquer. Non-seulement je ne dirai, mais même je n’insinuerai rien que de vrai. Je sais bien qu’en me renfermant dans ces bornes, que la probité ne franchit point, mes assertions seront peu saillantes ; qu’en m’expliquant de maniere à prévenir les équivoques, mon style manquera de rapidité. Mais qu’importe ? Ce n’est pas d’éblouir qu’il s’agit ici, c’est de persuader. Quiconque s’occupe trop des intérêts de son amour-propre, n’est pas digne