Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/367

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ni M. Helvétius, ni l’Esprit n’y sont nommés : mais l’un & l’autre y sont si clairement désignés que, si cette note contenoit quelqu’accusation, ou seulement quelque sarcasme, Jean-Jaques seroit ingrat envers son bienfaiteur. La voici.

“Il y a quelques années qu’à la première apparition d’un livre célebre, je résolus d’en attaquer les principes que je trouvois dangereux. J’exécutois cette entreprise quand j’appris que l’Auteur étoit poursuivi. À l’instant je jettai mes feuilles au feu : jugeant qu’aucun devoir ne pouvoit autoriser la bassesse de s’unir à la foule, pour accabler un homme d’honneur opprimé. Quand tout fut pacifié, j’eus occasion de dire mon sentiment sur le même sujet dans d’autres écrits ; mais je l’ai dit, sans nommer le livre, ni l’Auteur. J’ai cru devoir ajouter ce respect pour son malheur, à l’estime que j’eus toujours pour sa personne. Je ne crois point que cette façon de penser me soit particuliere ; elle est commune à tous les honnêtes gens. Si-tôt qu’une affaire est portée au criminel, ils doivent se taire, à moins qu’ils ne soient appellés pour témoigner.”

C’est, Monsieur, d’après cette déclaration qui est bien de Jean-Jaques, qu’il faut juger sa conduite & ses motifs : parce que Jean-Jaques n’est point un fourbe ; & qu’il ne peut se méprendre sur ce qu’il pense, comme M. de Montmollin sur ce qu’il a entendu. Je viens d’établir, Monsieur, qu’en supposant vrai l’exposé de M. de Montmollin, vous auriez fait une noirceur abominable, en abusant de cet exposé pour charger Jean-Jaques de torts qu’il n’eut jamais, qui sont trop opposés à son caractere pour qu’il puisse jamais les avoir. Mais vous avez