Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/373

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sous un seul point de vue, & en les ornant des graves du style le plus attrayant.....Mais, je n’y saurois tenir ; il faut, Monsieur, que je vous dise ce que je pense. Vous vous donnez-là un air d’érudition qui ne quadre ni avec les choses que vous dites, ni avec votre façon de les dire. Ne le devriez-vous point au pédant, très-méprisable assurément comme littérateur, qui a fait les plagiats de Jean-Jaques ? Si cela étoit, en consideration du service qu’il vous a rendu, vous devriez le traiter avec plus d’indulgence. Pardon, Monsieur, de ma sincérité. Mais nous autres anonymes, nous avons le droit de mentir, & de dire vrai impunément. Nous nous le sommes partagé ce droit : je n’envie point votre lot : trouvez bon que je fasse usage du mien.

Jean-Jaques suppose qu’il est chargé de former un jeune seigneur ; & au lieu de s’y prendre comme on fait dans l’école militaire, qui est le plus beau monument du regne de Louis XV, il fait apprendre à son pupille le métier du menuisier.

Je suis forcée d’avouer que Jean-Jaques, doit être bien honteux d’avoir sur cet objet ainsi que sur la convenance des états dans le mariage, des idées aussi basses que le fameux Czar Pierre. Mais ne fait-il apprendre à son pupille que le métier de ménuisier ? Toujours de la mauvaise foi, elle fait partie de votre essence.

Voici comment il fait parler le Vicaire Savoyard : “l’idée de création confond. Qu’un être que je ne conçois pas donne l’existence à d’autres êtres, cela n’est qu’obscur, & incompréhensible. Mais que l’être & le néant se convertissent l’un dans l’autre, c’est une claire absurdité.”