Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/409

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l’heureuse Madame de Warens, tint de son étoile, & non pas du choix de Jean-Jaques, une préférence dont elle a dû faire le plus grand cas, quand elle a pu juger l’objet de ses bontés. Il étoit tout simple qu’il eût recours à elle, dans les positions critiques où il s’est trouvé, & dont il est vraisemblable qu’on ne se disputoit pas l’honneur de le tirer : elle étoit sa marraine. D’après le portrait qu’il fait d’elle, il est tout simple aussi qu’elle chéri les devoirs que ce titre lui imposoit. Cette respectable Dame étoit accoutumée à faire des sacrifices, & n’en a pas toujours été aussi bien récompensée que de ceux qu’elle a faits pour lui.

Je vous supplie, Monsieur, de vouloir bien insérer ma lettre dans votre Journal : quelque médiocrement qu’elle soit écrite, crois que vous le pouvez, sans compromettre la sureté de goût. Ceux qui seront de mon avis, vous sauront gré votre complaisance, & vous serez disculpé auprès des autres par vos motifs. Je ne prétends point faire assaut d’éloquence c les Dames à qui vous avez accordé la distinction que je sollicite : je n’ai d’autre but, que de corriger l’effet que l’article que je combats a pu produire, sur une classe de lecteurs qui n’approfondissent rien parce que peu de choses les intéressent ; mais dont l’opinion n’est cependant point à dédaigner. Il me semble qu’on doit, autant qu’on le peut, empêcher la propagation des idées fausses, sur-tout sur le compte d’un homme célebre, qui ne peut que perdre à t’être pas bien connu ; & que le Public perdroit aussi à ne pas bien connoître, puisqu’il en respecteroit moins l’autorité de ses exemples & de leçons. Enfin je pense, Monsieur, qu’il vous convient mieux