Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/421

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le trône où siege la religion, pensez-vous que les malheureux rejettés de son sein, eussent à bénir sa tolérance ? Si les sectateurs de Jean-Jaques haïssent, nuisent, calomnient, persécutent, (ce dont on peut défier de citer une seule preuve), ils sont bien éloignés de suivre les maximes, & d’imiter les exemples de leur chef. Quant à la beauté de son style, d’où l’impossibilité de la nier, engage ses adversaires à tirer des argumens contre lui, j’ai fait une observation, peut-être assez futile, pour n’être que du ressort d’une femme, c’est que nous n’avons point d’auteur plus avare d’épithetes que J. J. Rousseau. Mais, Monsieur, pourquoi MM. Diderot, & l’Editeur Négeon s’étayent-ils de l’autorité de M. Helvétius ? Est-ce une méchanceté ? Est-ce une mal-adresse ? S’ils ont été ses amis, ce que leur citation rende très-problématique, ils doivent être bien humiliés d’une certaine note que l’on trouve à la dix-septieme page des lettres de la Montagne.*

[*Cette note est insérée dans la seconde lettre de ce recueil. Elle prouve plus en faveur de Jean-Jaques qu’un tome de raisonnemens. Je ne sais pour-quoi j’ai plaidé sa cause : pour la défendre, il ne faut que le montrer.] Quant à moi, je regrette l’opinion que j’avois de lui ; c’est tout ce que je me permettrai d’en dire.

Tous les témoignages que l’équité peut rendre aux vertus de J. J, Rousseau, lui sont désormais inutiles, Monsieur ; la providence l’a couvert d’une égide que les traits de la calomnie ne pénétreront pas. Cependant, je n’en crois pas moins devoir publier ce que je sais de lui & ce que je pense de ses