Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/431

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6oo liv. de rente. Mylord Maréchal se fit un plaisir de donner à cette lettre le sens que lui suggéroient l’élévation & la bonté de son ame ; il assura au mari & à la femme la rente qui manquoit à leur bonheur. Or il faut que vous sachiez, Monsieur, que ce fut dès 1765 que Mylord constitua entre les mains de M. Du Peyrou, sur, la tête de Jean-Jaques, six cents livres de rente viagere, dont QUATRE SEULEMENT étoient reversibles à Mlle. le Vasseur, qui en jouit à présent sous le titre de Mde. Rousseau, qu’elle n’obtînt qu’en 1769. Il est donc impossible, que ce bienfait ait été provoqué par les gémissemens de Jean-Jaques sur le sort à venir de sa femme, puisqu’il n’en avoit point encore, lorsqu’il accepta ce bienfait : il ni est donc pas vrai, que Jean-Jaques ait mendié ce bienfait, comme M. d’Alembert l’insinue : il est donc faux que Mylord ait assuré au mari & à la femme, la rente qui manquoit à leur bonheur, comme M. d’Alembert l’avance, puisque, selon lui, cette rente étoit de 6oo liv. ; & que Mlle. le Vasseur, alors gouvernante de M. Rousseau, depuis sa femme & aujourd’hui sa veuve, ne tient que 400 liv. de rente viagere de la générosité de mylord Maréchal. Mais ce qui est incontestable, c’est que M. d’Alembert invente à ravir ; & qu’on ne peut trop regretter, qu’avec une imagination si féconde, si riche, si brillante, il ne se donne pas pour un faiseur de contes.

Réellement, Monsieur, cet homme surprenant, étend presque jusqu’à l’infini le cercle de nos idées.....Nous n’avions

jamais cru, que la vérité obligeât à mentir.....Eh bien ! Il nous l’apprend en ces termes.

La vérité nous oblige de dire (& ce n’est pas sans un regret