Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/435

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mis la question sous son vrai point de vue ; il ne falloit que cela seul, & tout étoit dit."

"Voici un fait assez bisarre, qu’il est fâcheux que mes dignes défenseurs n’aient pas su. Croiriez-vous que les deux feuil-les que j’ai citées du St. James Chronicle ont disparu en Angleterre ? M. Davenport les a fait chercher inutilement chez l’Imprimeur, & dans les casés de Londres, sur une indication suffisante, par son libraire, qu’il m’assure être un honnête-homme ; & il n’a rien trouvé ; les feuilles sont éclipsées. Je ne fais point de commentaire sur ce fait ; mais convenez qu’il donne à penser. Ô mon cher M. Guy, faut-il donc mourir dans ces contrées éloignées, sans revoir jamais la face d’un ami sûr, dans le sein duquel je puisse épancher mon cœur ?”

Croyez-vous, Monsieur, que l’héroïque modération qui caractérise cette lettre, adressée à un tiers, désintéressé dans l’affaire dont elle traite, & cela dans le moment où l’auteur devoit être le plus violemment affecté, permette de penser un instant, qu’il eût été capable d’écrire des injures à Mylord Maréchal, même en supposant que celui-ci l’eût mérité ? Voilà pourtant de quoi le véridique d’Alembert l’accuse hautement.... Voilà pourtant d’où de fort honnêtes-gens, qui trouvent plus commode de s’en rapporter que de s’instruire, partent pour dire : Fi donc ! Cela est infâme ! Oh ! puisque Jean-Jaques a fait cette bassesse, il peut bien avoir fait aussi toutes les horreurs qu’on lui impute. Et voilà ce qu’on gagne à suivre cette maxime, calomnions toujours, il en restera quelque chose. C’est-là la maxime favorite du débonnaire d’Alembert, Monsieur :