Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/436

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voici la mienne. On n’est pas assez bon pour les bons, quand on est trop bon pour les méchans. Aussi ne leur serois-je point de quartier, si j’étois constituée leur juge. J’avoue cependant que je me sens de l’indulgence pour celui dont il s’agit ; sa gaucherie m’intéresse ; car malgré la sévérité de mes principes, j’ai l’ame tout-à-fait accessible à la pitié. Voyez donc, Monsieur, combien l’animosité le fourvoye ! il nous dit :

Mylord Maréchal avoit pris beaucoup de part à la querelle trop affligeante, & trop CONNUE*

[*Trop connue......Oh ! le précieux avec !.....MM. les Editeurs, ce n’est pas moi qui vous fais ce reproche.....au reste, il laisse tout à espérer de la conversation de M. Alembert : il n’est pas endurci dans son péché.] faite à M. Hume par M Rousseau, à qui l’équitable Mylord donnoit le tort qu’il avoit si évidemment & aux yeux même de ses partisans les plus zélés.

Il nous dit encore ; il fallut enfin après la retraite de Mylord Maréchal, que ce malheureux & célèbre écrivain, déjà proscrit en France & dans sa Patrie,*

[*Qu’il est doux d’appuyer sur cette double proscription !] échappât aussi par la suite à ses nouveaux oppresseurs. Le Roi de Prusse D’AILLEURS PEU ENTHOUSIASTE DE ROUSSEAU, mais indigné de la rage théologique de ses sougueux adversaires leur écrivit ce peu de mots. “Vous ne méritez pas qu’on vous protege, à moins que vous ne mettiez autant de douceur évangélique dans votre conduite, qu’il y regne jusqu’à présent d’esprit de vertige, d’inquiétude & de sédition.” C’étoit aux sollicitations de mylord Maréchal auprès du Roi de Prusse que le philosophe de Genève étoit redevable de cette réponse du Monarque à ses absurdes persécuteurs. *

[*Absurdes ! sans contredit. C’étoient des gens d’église.]