Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/437

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Depuis que M. d’Alembert s’efforce de faire des vers, il se familiarise avec les chevilles : assurément ce d’ailleurs peu enthousiaste de Rousseau, en est bien une. Frédéric conquérant ne peut s’enthouiasmer que pour des héros : mais Frédéric philosophe ne peut accorder sa protection, aux sollicitations de qui que ce soit, qu’à un homme qu’il honore de son estime ; & cette estime, fût-elle aussi froide que l’amitié de M. d’Alembert, prouve plus en faveur de Rousseau, que l’enthousiasme de toute l’Académie Françoise, ne prouve en faveur de Voltaire. Au reste, Monsieur, tout autre que M. d’Alembert, ne seroit jamais parvenu à me persuader, qu’il eût fallu solliciter un Prince aussi éclairé que le Roi de Prusse, pour qu’il s’indignât de ce qui devoit exciter l’indignation de l’homme le plus ordinaire. Mais l’oracle ayant prononcé, le doute seroit un crime. Pour vous préserver de le commettre, Monsieur, pour vous convaincre du degré de certitude que l’autorité de M. d’Alembert donne aux choses les plus incroyables, comparez, je vous prie, l’idée que ce qu’il vient de dire tend à faire prendre de la façon de penser du Roi de Prusse sur le compte de J. J. Rousseau, avec la piece suivante.

LETTRE de Mylord Maréchal à J. J. Rousseau du 19 Octobre 1762.

“Je vous envoie, Monsieur, une lettre dont j’attends une réponse, & je me flatte qu’elle sera favorable aux desirs du Roi, & de votre serviteur."

"Le Roi m’écrit, votre lettre mon cher Mylord au sujet