Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/440

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Non, que j’aye eu le malheur de balancer un instant entre Jean-Jaques, & son détracteur ; mais parce que l’ardeur de servir, toujours subordonnée à l’amour de la justice bien différente enfin de l’ardeur de nuire, n’avance rien dont elle ne veuille administrer la preuve. Cet ami, d’une espece trop rare pour le bonheur de la société, est Monsieur Du Peyrou, dont le nom seul fait pâlir les fauteurs de la calomnie, tant il annonce de candeur & de probité. Il a daigné favoriser mon projet ; il m’a fait une réponse où la justesse de son esprit la pureté de ses intentions, la beauté de son ame, se développent avec un égal avantage ; il a bien voulu m’envoyer des extraits de lettres, tant du Lord Keith, que de Jean Jaques, qui donnent le démenti le plus formel aux scandaleuses assertions de M. d’Alembert, & rectifient les idées que fait naître celle qui est la moins téméraire. À l’abri de la réputation de M. Du Peyrou, Monsieur, la fidélité de ces extraits est inattaquable ; aucun de ceux qui le connoissent n’osera les suspecte Je vais vous transcrire ces pieces intéressantes ; observez-en s’il vous plaît, les dates.

RÉPONSE du M. Du Peyrou.

Neufchâtel 9 Mai 1779.

“Depuis vendredi matin, moment de la réception de votre lettre du 3 de ce mois, je n’ai cessé, Madame, de m’occuper des éclaircissemens que vous desirez de moi. Mon état de foiblesse qui ne me permet pas encore de quitter le lit, n’a pu ralentir mon zele, La nature des questions que