Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/485

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que la république de Geneve a une philosophie qui lui est particuliere, comme un territoire qui lui est particulier, puisqu’elle a des philosophes comme des Citoyens. En tout cas, cette philosophie est de la meilleure espece ; Rousseau n’est pas le seul qui l’ait prouvé : mais avançons. Où prenez-vous, Monsieur, qu’une injure ignorée de tout autre que d celui qui la reçoit, ou divulguée par lui, exige une réparation authentique ? Si dans un accès de délire, Jean-Jaques avoit écrit à mylord Maréchal une lettre qui eût dérogé à la reconnoissance, à l’attachement, au respect qu’il lui portoit, & que, revenu dans son état naturel, il eût cru devoir à Mylord une réparation, elle auroit consisté à désavouer, de lui à Mylord, la lettre dont ce Seigneur auroit eu à se plaindre. Des Moralistes plus séveres que vous, Monsieur, n’en demanderoient pas davantage ; & je ne vois point là d’authenticité. Cependant, faute d’une réparation authentique, il vous semble qu’on peut bien dire que Jean-Jaques a été coupable d’ingratitude envers mylord Maréchal, comme il l’avoit été envers M. Hume.....Ce comme est heureux : je n’aurois rien pu imaginer de mieux pour disculper Jean-Jaques. On m’assure qu’on a victorieusement prouvé, dans une brochure dont l’Apologiste fait mention, que le philosophe de Geneve n’a eu aucun trait d’ingratitude à se reprocher vis-à-vis du Maréchal d’Ecosse ; & je le crois d’autant plus, que cela étoit bien facile. Ce seroit donc rabâcher que revenir sur cet article : passons à celui de M. Hume. M. Rousseau ingrat envers M. Hume !..... Si l’on pouvoit mettre sous presse un long éclat de rire empreint de tous les caracteres du dédain, ce seroit bien la meilleure réponse