Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/506

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embrouillé, malgré les éclaircissemens tant vantés de M. d’Alembert.

C’est une autre erreur du même écrivain dans son article accompagnement, de combattre avec dérision ceux qui prétendent qu’il est plus aisé d’apprendre à accompagner lorsqu’on commence par apprendre la composition ; c’est, ajoute-t-il, comme si on proposoit de commencer par se faire orateur pour apprendre à lire. Mais, il auroit dû songer qu’on apprend deux choses en apprenant l’accompagnement, la science, & la maniere.*

[*Essai sur la Musique Tom. Il. pag. 62.]

Rien n’est plus sensé, Monsieur, que ce que dit Jean-Jaques à cet égard : “plusieurs conseillent d’apprendre la composition avant de passer à l’accompagnement : comme si l’accompagnement n’etoit pas la composition même, à l’invention près, qu’il faut de plus au compositeur. C’est comme si on proposoit de se faire orateur pour apprendre à lire. Combien de gens, au contraire veulent que l’on commence par l’accompagnement à apprendre la composition ! Et cet ordre est assurément plus raisonnable & plus naturel.”*

[*Dictionnaire de Musique, article accompagnement.] Il faudroit, Monsieur, ne pas confondre comme vous le faites, l’accompagnateur consommé, avec celui qui apprend l’accompagnement.

Il est à remarquer que Rousseau dans la même page, dit, qu’il faut qu’un accompagnateur soit grand musicien, qu’il sache à fond l’harmonie, qu’il connoisse bien son clavier, &c. Comment cet accompagnateur sera-t-il grand harmoniste, s’il n’a pas appris la composition ?