Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/516

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On ne doit pas regarder comme un ouvrage de théorie sa lettre sur (bon cela) la musique françoise, qui fit tant de bruit lorsqu’elle parut, & qui méritoit si peu d’en faire, puisque ce n’est qu’un enchaînement de paradoxes.

Cela est tranchant. Vous êtes fort le maître, Monsieur, de regarder comme il vous plaira la lettre sur la musique françoise ; cela est, je pense, fort indifférent à l’opinion que le public en a : Ce qu’il y a de certain, c’est que j’ai entendu dire à un musicien recommandable à tous égards, & dont vous parlez vous-même avec éloge ; “si la lettre sur la musique françoise ne contient que des paradoxes, ils ont un air de si vérité si frappant pour moi, qu’il ne m’est pas possible de les prendre pour autre chose, que pour un enchaînement si de raisonnemens clairs, simples, concluans, & si concluans, que je n’hésiterois pas de défier qui que ce fût, d’y répondre d’une maniere satisfaisante pour quiconque réunite au plus léger savoir, la droiture qui devroit être la base de tout jugement porté sur les hommes & sur leurs ouvrages.” Ce musicien, Monsieur, est grand partisan de Rameau ; mais il l’est encore plus de la vérité, & l’accueille par-tout où il la trouve.... Je ne saurois aller plus loin, sans accorder quelques momens à la surprise que me cause le style de ces dix pages, & des cinquante-trois endroits de votre Essai où vous parlez de Jean-Jaques. Quelle extrême disconvenance entre les expressions, & le sujet ! Quelle profonde ignorance, ou, quel répréhensible mépris de tout ce qui tient aux bienséances !..... Mais, Monsieur, qui pouvez-vous être ? Dans quelle classe de la société faut-il vous chercher ? Votre entreprise,