Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/518

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À la Page 474, & dans plusieurs autres endroits, Rousseau parle des Essais de M. Serre de Geneve (imprimés en 1753) ; ailleurs, il donne un abrégé du systême de Tartini, (qui n’a paru qu’en 1754) ; dans quelques articles il cite des morceaux pris de la seconde Edition des Elémens de musique par M. d’Alembert ; & cette Edition est de 1762.*

[*Voyez entr’autres l’article Cadence.] Comment accorder tout cela avec la phrase que l’on vient de lire ? Un philosophe qui affectoit tant d’austérité, devoit-il avancer une pareille fausseté si aisée à détruire ? D’ailleurs la première Édition de ce même ouvrage est de 1752, ce qui est toujours postérieur à l’année 1750 citée par Rousseau.*

[* Essai sur la Musique Tom. III, pag. 667.]

Accuser Rousseau de mauvaise foi ! Les honnêtes gens seroient bien heureux, si toutes les calomnies étoient aussi aisées à détruire. La bonne soi a toujours été la vertu distinctive de Rousseau : c’est en ce point, qu’il n’a jamais été, & qu’il ne sera jamais surpassé, ni peut-être égalé par personne. S’il dit une chose, ce n’est pas parce qu’il l’a déjà dite, c’est parce qu’il la pense : change-t-il d’opinion, aussi-tôt il change de langage ; & voilà d’où nos bien-intentionnés philosophes partent pour crier à la contradiction. Ils voyent bien que ce qu’ils appellent de ce nom, est une succession d’hommages rendus à la vérité, par un homme trop sensible pour être toujours affecté de la même maniere : ils le voyent, ils en suffoquent, & veulent se soulager, en empêchant les autres de le voir. Jean-Jaques n’est point un homme à systêmes ; ses idées, en fait de choses d’agrément dépendent des impressions qu’il reçoit ;