Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/537

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jusqu’ici, il faut que la vérité renonce à se faire jour au travers des, nuages dont l’imposture l’enveloppe. Cependant, il seroit absurde que je m’en tinsse à parler pour Rousseau quand je peux le faire entendre lui-même. Or, comme les gens qui argumentent & agitent comme vous, Monsieur, ne sont pas d’une espece assez rare pour qu’il n’ait pas pu prévoir qu’il s’en trouveroit, & qu’il leur a répondu d’avance, je dois vous adresser la réponse qu’il leur a faite : la voici.

“Dans l’état d’imperfection où sont depuis si long-tems les signes de la musique, il n’est point extraordinaire que plusieurs personnes aient tenté de les refondre ou de les corriger. Il n’est pas même étonnant que plusieurs se soient rencontrés dans le choix des signes les plus propres à cette substitution, tels que sont les chiffres. Cependant, comme la plupart des hommes ne jugent gueres des choses que sur le premier coup-d’œil, il pourra très-bien arriver que par, cette unique raison de l’usage des mêmes caracteres on m’accusera de n’avoir fait que copier, & de donner un systême renouvellé.”

(Ce seroit vous faire bien de la grace Monsieur, que de vous classer avec ces hommes-là.)

“J’avoue qu’il est aisé de sentir que c’est bien moins le genre des signes que la maniere de les employer qui constitue la différence en fait de systêmes : autrement il faudroit dire, par exemple, que l’algebre & la langue françoise ne sont que la même chose, parce qu’on s’y sert également des lettres de l’alphabet ; mais cette réflexion ne sera probablement pas celle qui l’emportera, & il paroît si heureux