Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/550

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


louange est-elle plus étrangere que le blâme à un ouvrage sur la musique ? Et n’avez-vous pas vanté cent autres ouvrages qui n’avoient pas le moindre rapport avec cet art ? Vous n’avez point consulté la convenance, puisqu’elle se trouve violée à chaque page de votre Essai ; vous avez tout uniment suivi le vicieux penchant de votre cœur.

Je n’ai pu parler que de ses Œuvres en musique :

Pourquoi donc avez-vous fait mention des motifs de sa sortie de Geneve ; de ses changemens d’états, de pays, de religion ; de sa jeunesse fort orageuse ; de ses caprices ; de son humeur chagrine & bisarre ; de ses manœuvres contre Voltaire ? Appeliez-vous tout cela des œuvres en musique ?

M. Briard qui me paroît aimer la vérité (cela m’avoit paru comme à vous, Monsieur, mais il a écrit une lettre de trop), *

[*Année littéraire 1780, NO. 19.] auroit dû, Monsieur, être lien plutôt révolté des véritables satires, ou sarcasmes indécens qui se trouvent dans le Dictionnaire de Rousseau, contre notre grand Rameau, que de me voir défendre comme je l’ai fait, la mémoire d’un maître chéri, &c. *

[*Année littéraire 1780, NO. 14.]

J’ai lu MOI-MÊME, Monsieur, le Dictionnaire de Rousseau ; j’y ai remarqué quelques saillies d’humeur contre la musique françoise ; humeur que nombre de musiciens avoient assurément bien provoquée : mais je vous défie, vous, ou plutôt VOS FURETEURS, d’y trouver une seule véritable satire, un seul sarcasme indécent contre notre grand Rameau s’il y en avoit, ce seroit bien tant pis pour sa gloire ; car la satire ne calomnie