Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/551

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point, elle médit ; & une raillerie qui porte à faux n’ayant, par cela même, rien de piquant, ne peut être appellée sarcasme. On peut dire de ce Dictionnaire, & de chacun des ouvrages de son inestimable auteur, ce qu’il a dit du premier duo de la Serva padrona : “il ne lui manque que des gens qui sachent l’entendre, & l’estimer ce qu’il vaut.”*

[*Dictionnaire de Musique, fin de l’article Duo.] Ce n’est pas tout ; le Dictionnaire de musique est le dernier des ouvrages publiés par Rousseau où il soit question de Rameau, & même de musique ; l’approbation de ce Dictionnaire est datée du 15 avril 1765 ; le privilege accordé au libraire Duchesne est daté du 17 juillet de la même année ; à cette époque, le Dictionnaire étoit donc sorti des mains de Jean-Jaques pour n’y plus revenir ; & Rameau ne mourut que le 17 septembre 1767. Quand sa personne & ses mœurs, ne seroient pas aussi respectées qu’elles le sont dans cet ouvrage, attaquet-t-on la mémoire d’un homme qui vit encore ?.... À quelque point que la méchanceté vous domine, si vous aviez la moindre intelligence des mots que vous employez, oseriez-vous rejetter vos coupables écarts, sur le desir de défendre la mémoire d’un maître chéri ? À moins que vous ne fussiez au maillot quand le Dictionnaire de musique parut, êtes-vous pardonnable d’avoir différé jusqu’à présent, de repousser les véritables satires, ou sarcasmes indécens, qui, selon vous, s’y trouvent contre votre maître chéri ? Cette conduite est à la fois lâche & cruelle ; car, d’un côté, vous avez attendu pour vous déclarer l’ennemi de Rousseau, que la mort l’eût terrassé ; & de l’autre vous avez privé ce maître si chéri du ravissant