Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/554

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EXTRAIT Du N̊. 37 DE L’ANNÉE LITTÉRAIRE 1780.

LETTRE À M. D’ALEMBERT.

Souffrez, Monsieur, que j’aye l’honneur de vous adresser quelques observations sur la lettre qui se trouve dans le Mercure du 14 octobre, page 85. Quoiqu’il fût peu vraisemblable qu’on eût osé abuser d’un nom tel que le vôtre, comme il ne l’étoit gueres plus que vous eussiez écrit cette étonnante lettre, j’ai cru devoir les renfermer, jusqu’à-ce qu’un long silence de votre part l’eût avouée. Vous vous y plaignez, Monsieur, avec une modération exemplaire, d’une note placée à la page 27 de la brochure intitulée : Rousseau Juge de Jean-Jaques : à cela je vous reconnois bien ; mais je ne vous reconnois plus quand vous dites, l’auteur quel qu’il soit (car peut-être est-ce un ennemi de feu M. Rousseau) paroît avoir la tête fort dérangée. Cette assertion est d’une dureté tout-à-fait opposée à l’urbanité de votre caractere ; elle outrage le cœur, ou l’esprit de l’Editeur de cette brochure, puisqu’il s’est nommé ; & il répugne à croire que M. Brooke Bootby qui n’est connu dans ce pays-ci qu’à titre d’ami de M. Rousseau, ait mérité de vous tant de rigueur. De plus, quand il seroit vrai que le Dialogue entre Rousseau & un François annonceroit le dérangement de la tête de son auteur, (ce que je nie, & ce que vous ne pouvez affirmer, puisque vous ne l’avez