Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/583

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renversez tout-d’un-coup son brillant édifice, & vous lui faites en un moment plus de mal que je n’ai pu lui en faire puisque vous lui refusez le bon sens.*

[*Grand merci M. D. L. B. vous m’apprenez des choses que j’aurois toujours ignorées sans vous. Oh ! Oui ; sans vous je n’aurois jamais su qu’on renversât tout-d’un-coup, & dans un moment un édifice sur lequel on tombe sans cesse ; ni que les raisons que Rousseau donne d’avoir composé son Dictionnaire sur le systême de la basse-fondamentale, signifiassent qu’il la reconnût pour un chef-d’œuvre. Note de l’aimable-anonyme]

Voilà, Madame, une accusation bien formelle, & d’autant plus grave que, suivant M. D. L. B., refuser comme vous faites sans vous en douter, le bon-sens à Jean-Jaques, est un outrage à sa mémoire bien plus cruel, plus déshonorant, & qui manifeste bien plus de méchanceté, que de s’en tenir simplement & de plein gré comme a fait M. D. L. B. à l’inculper d’ignorance, de mauvaise soi, d’envie, d’ingratitude, &c. &c. &c.

Sur ce principe, il n’est plus permis de douter que fier son bon-sens, & se croyant inattaquable, au moins de ce côté votre antagoniste n’ait conçu la plus haute opinion de lui-même. Respectons-la, Madame, & s’il nous réduit à la nécessité d’opter entre sa bonne-soi, & son bon-sens, pour lui faire notre Cour n’hésitons pas. En attendant, saisissons l’occasion qu’il nous fournit dans le passage cité de rendre un double hommage sa bonne-soi, & à son bon-sens, lorsqu’il avoue tout-à-fois & soin intention, & son impuissance de nuire à J.J. Rousseau.

En vérité, Madame, je suis effrayé de l’effet qui doit résulter contre vous de l’accusation que M. D. L. B. vous intente.