Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/590

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l’espere, combien M. D. L. B. vous ménage, puisqu’ayant tant de bonnes pièces dans son sac, il veut bien se borner à celle qu’il vous présente ; & qu’il faut que je vous représente, quelque choquante qu’elle soit.

À Ferney ce 5 janvier 1767.

“Je vous fais juge, Monsieur, des procédés de Rousseau avec moi. Vous savez que ma mauvaise santé m’avoit conduit à Geneve auprès de M. Tronchin le médecin, qui alors étoit ami de Rousseau. Je trouvai les environs de cette ville si agréables que j’achetai, d’un Magistrat, quatre-vingts-sept mille livres, une maison de campagne, à condition qu’on m’en rendroit trente-huit mille, lorsque je la quitterois. Rousseau dès-lors conçut le dessein de soulever le peuple de Geneve contre ses Magistrats, & il a eu enfin la funeste & dangereuse satisfaction de voir son projet accompli.

Il écrivit d’abord à M. Tronchin, qu’il ne remettroit jamais les pieds dans Genève, tant que j’y serois. M. Tronchin peut vous certifier cette vérité.

Voici sa seconde démarche :

Vous connoissez le goût de Madame Denis, ma niece, pour les spectacles. Elle en donnoit dans le château de Tournai, & dans celui de Ferney, qui sont sur la frontiere de France, & les Genevois y accouroient en foule. Rousseau se servit de ce prétexte pour exciter contre moi le parti qui est celui des représentans, & quelques prédicans qu’on nomme Ministres.