Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/592

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aux portes de Geneve. M. Tronchin qui est aussi honnête homme que bon médecin empêcha cette levée de bouclier, & ne m’en avertit que long-tems après. Je prévis alors les troubles qui s’exciteroient bientôt dans la petite république de Geneve. Je résiliai mon bail à vie des Délices ; je reçus 38 mille liv., & j’en perdis 49, outre environ

30 mille que j’avois employées à bâtir dans cet enclos.

Ce sont là, Monsieur, les moindres traits de la conduite que Rousseau a eue avec moi ; M. Tronchin peut vous les certifier, & toute la Magistrature de Geneve en est instruite.

Je ne vous parlerai point des calomnies dont il m’a chargé auprès de Monseigneur le Prince de Conti, & de Madame la Duchesse de Luxembourg, dont il avoit surpris la protection. Vous pouvez d’ailleurs vous informer dans Paris de quelle gratitude il a payé les services de tous ceux qui avoient protégé ses extravagantes bisarreries qu’on vouloit alors faire passer pour de l’éloquence. Le Ministere est aussi instruit de ses projets criminels que les véritables gens de lettres le sont de tous ses procédés. Je vous supplie de remarquer que la suite continuelle des persécutions qu’il m’a suscitées pendant quatre années, ont été le prix de l’offre que je lui avois faite de lui donner, en pur don, une maison de campagne nommée l’Hermitage, que vous avez vue entre Tournai & Ferney. Je vous renvoie pour tout le reste à la lettre que j’ai été obligé d’écrire à M. Hume, & qui étoit d’un style moins sérieux que celle-ci.

Que M. Dorat juge à présent s’il a eu raison de me confondre avec un homme tel que Rousseau & de regarder