Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/598

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mon dernier soupir seront pour son bonheur & pour sa gloire.

Laissez menacer les Jongleurs ; tel fiert qui ne tue pas. Votre sort est presque entre les mains de M. de Voltaire ; s’il est pour vous les Jongleurs vous seront fort peu de mal. Je vous exhorte, après que vous l’aurez suffisamment fondé, à lui donner votre confiance. Il n’est pas croyable que pouvant être l’admiration de l’univers, il veuille en devenir l’horreur. Il sent trop bien l’avantage de sa position, pour ne pas la mettre à profit pour sa gloire. Je ne puis penser qu’il veuille en vous trahissant se couvrir d’infamie. En un mot, il est votre unique ressource, ne vous l’ôtez pas. S’il vous trahit, vous êtes perdus, je l’avoue ; mais vous l’êtes également s’il ne se mêle pas de vous. Livrez-vous donc à lui rondement & franchement ; gâgnez son cœur par cette confiance. Prêtez-vous à tout accommodement raisonnable. Assurez les loix & la liberté, mais sacrifiez l’amour-propre à la paix. Sur-tout aucune mention de moi, pour ne pas aigrir ceux qui me haïssent, & si M. de Voltaire vous sert comme il le doit, s’il entend sa gloire, comblez-le d’honneurs & consacrez à Apollon pacificateur PHOEBÔ PACATOTI la médaille que vous m’aviez destinée.”

Quel boute-feu que ce J. J. Rousseau !

4°. Quand Voltaire affirme que ce furent les menées de Jean-Jaques, qui le forcerent à quitter sa maison des Délices, répétez, Madame, à M. D. L. B. (car vous le lui avez déjà dit dans le P. S. de l’Errata) qu’il est de notoriété publique à Geneve, que le grand-homme étoit depuis long-tems possesseur & habitant de Tournai, & de Ferney, quand il résilia