Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/602

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Madame la Duchesse de Luxembourg ?*

[* Que répondre ? Que ces accusations, & toutes celles que Voltaire articule contre Rousseau, ne sont pas moins détruites parle caractere de l’accusateur, que par celui de l’accusé ; qu’on prouve suffisamment qu’une chose n’est pas, en prouvant qu’elle ne peut pas être ; qu’il est moralement impossible que Rousseau ait imaginé, avancé, soutenu des mensonges calomnieux, ou autres ; & que, quand Voltaire, plus que suspect d’avoir sacrifié la vérité à tous les genres d’intérêts dont son ame vaine, envieuse, & cupide étoit susceptible, affirme ce que Rousseau nie, c’est Voltaire qui ment. Note de l’impartiale anonyme.] Comment surtout justifier la lettre de M. D’Alembert sur les spectacles ? N’est-il pas évident que le petit Sermon inséré dans l’article Geneve de l’Encyclopédie sur la grande utilité de l’établissement d’un théâtre dans cette Ville, étant un peu de la façon du grand-homme, & tout-à-la-fois un modele de la déférence qui lui étoit due, & que lui portoit M. d’Alembert, le citoyen de Geneve fut un impertinent de ne pas montrer la même déférence, & un sot de préférer ce qu’il croyoit devoir à sa patrie, aux fantaisies du grand-homme, & à l’honneur ainsi mérité d’être placé par lui à côté de M. d’Alembert au rang des premiers écrivains de France.

Croyez, Madame, que M. D, L, B. qui paroît aimer la gloire n’eût pas, comme votre maître, perdu cette belle occasion de devenir un de ces hommes illustres, qui ne sont point des bouffons ; & dont Voltaire dit si humblement, & si sincérement que lui-même n’approche pas, quoi qu’il ne crût pas être non plus un bouffon.

Mais puisque voilà M. D. L. B. revenu sur la scene, il est convenable de lui laisser achever son rôle. Il lui sied si bien !

En réfléchissant sur cette lettre de Voltaire, il lui vient un