Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/606

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un autre qui vend à un Libraire “quelques chapitres” d’une prétendue histoire universelle sous mon nom ; le Libraire assez avide*

[*”Ou assez sot.”] pour imprimer ce tissu informe de bévues, de fausses dates, de faits & de noms estropiés, & enfin des hommes assez injustes*

[*Assez lâches ou assez méchans.] pour m’imputer “la publication de” cette rapsodie. Je vous serois voir la société infectée de ce “nouveau” genre d’hommes inconnus à toute l’antiquité, qui ne pouvant embrasser une profession honnête, soit de manœuvre, soit de laquais, & sachant malheureusement lire & écrire, se sont courtiers de littérature, “vivent de nos ouvrages” volent des manuscrits, les défigurent & les vendent. Je pourrois me plaindre que “des fragmens” d’une plaisanterie faite il y a près de trente ans, sur le même sujet que Chapelain eut la bêtise de traiter sérieusement courent*

[*Court.] aujourd’hui le monde par l’infidélité & l’*

[* “Infâme.”] avarice de ces malheureux, qui ont mêlé leurs grossiéretés à ce badinage, qui en ont rempli les vides*

[*L’ont défigurée.] avec autant de sottise que de malice, & qui “enfin” au bout de trente ans, vendent par-tout en manuscrit ce qui n’appartient qu’à eux, & qui n’est digne que d’eux.*

[*Cet ouvrage lequel certainement n’est plus le mien, & qui est devenu le leur.] J’ajouterois qu’en dernier lieu on a volé une partie des matériaux que j’avois rassemblés dans les archives publiques, pour servir à l’histoire de la guerre de 1741,*

[*Osé fouiller dans les archives les plus respectables, & y voler une partie des mémoires que j’y avois mis en dépôt.] lorsque j’étois historiographe de France ;