Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/614

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des fleurs qui couronnent les grands talens. Les injures de vos ennemis sont les acclamations satiriques qui suivent le cortege des triomphateurs. C’est l’empressement du Public pour tous vos écrits, qui produit les vols dont vous je vous plaignez : mais les falsifications n’y sont pas faciles ; car le fer, ni le plomb ne s’allient point avec l’or. Permettez-moi de vous le dire par l’intérêt que je prends à votre repos, & à notre instruction : méprisez de vaines clameurs, par lesquelles on cherche moins à vous faire du mal, qu’à vous détourner de bien faire. Plus on vous critiquera, plus vous devez vous faire admirer. Un bon livre est une terrible réponse à des injures imprimées : & qui vous oseroit attribuer des écrits que vous n’aurez pas faits, tant que vous n’en serez que d’inimitables.

Je suis sensible à votre invitation ; & si cet hiver me laisse en état d’aller au printems habiter ma patrie, j’y profiterai de vos bontés. Mais j’aimerois mieux boire de l’eau de votre fontaine que du lait de vos vaches ; & quant aux herbes de votre verger, je crains bien de n’y en trouver d’autres que le Lotos qui n’est pas la pâture des bêtes, & le Moly qui empêche les hommes de le devenir.

Je suis de tout mon cœur & avec respect, &c..”

À Paris le 10 Septembre 1755.

Oh ! Pour cette lettre, Madame, elle est de toute fidélité ; rien n’y manque, pas même l’article responsif à l’invitation de Voltaire, & qu’il vous paroîtra peut-être mal -adroit d’avoir laissé subsister, après la soustraction de l’article des offres