Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/621

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


LETTRE adressée aux Editeurs du Supplément.

MESSIEURS,

Vous serez sans doute surpris de recevoir des lettres & des mémoires de la part d’un homme qui n’a pas l’honneur d’être connu de vous : mais la réputation d’un savant que l’Europe regrette, & que vous faites revivre, y est intéressée. Il s’agit d’accorder J. J. Rousseau avec lui-même, de sauver le ridicule à un citoyen de Grenoble, homme de Lettres, pere de famille, ancien ami de Jean-Jaques, & de ne pas laisser ignorer au Public la raison de l’incohérence de certains Ecrits que vous avez sans doute jugé à propos de conserver, comme formant un ensemble dont les moindres détails peuvent l’intéresser. Voici le fait.

Le R. P. Ducros, bibliothécaire & directeur du cabinet d’histoire naturelle de Grenoble, m’a prié de répondre à une anecdote des rêveries de Jean-Jaques qui intéresse M. Bovier, & qui lui a été communiquée de Geneve. Elle regarde les Botanistes, & c’est en cette qualité, ayant professé cette science depuis dix ans, que je suis invité & intéressé à résoudre toute équivoque qui peut la concerner.

La réputation de Jean-Jaques, le zele que vous montrez à l’étendre en publiant ses derniers Ecrits, mes devoirs de citoyen honnête, sont les motifs qui conduisent ma plume. Ils sont détaillés dans le mémoire ci-joint, que je vous prie de vouloir bien insérer à la suite de l’imputation faite à M. Bovier. Il est fait dans le dessein de le ménager ainsi que Jean-Jaques,