Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/103

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duquel j’ai continu d’appeller Thérèse & que mes amis répétoient quelquefois en plaisantant. On sent que, dans une pareille situation, je n’avois pas un moment à perdre pour tâcher de m’en tirer. Jugeant que M. de Richelieu m’avoit oublié & n’espérant plus rien du côté de la Cour, je fis quelques tentatives pour faire passer à Paris mon opéra : mais j’éprouvai des difficultés qui demandoient bien du tems pour les vaincre & j’étois de jour en jour plus pressé. Je m’avisai de présenter ma petite comédie de Narcisse aux Italiens : elle y fut reçue & j’eus les entrées, qui me firent grand plaisir. Mais ce fut tout. Je ne pus jamais parvenir à faire jouer ma pièce ; & ennuyé de faire ma Cour à des comédiens, je les plantai là. Je revins enfin au dernier expédient qui me restoit & le seul que j’aurois dû prendre. En fréquentant la maison de M. de la Poplinière je m’étois éloigné de celle de M. D[...]n. Les deux Dames, quoique parentes, étoient mal ensemble & ne se voyoient point ; il n’y avoit aucune société entre les deux maisons & Thieriot seul vivoit dans l’une & dans l’autre. Il fut chargé de tâcher de me ramener chez M. D[...]n. M. de F

[rancuei] l suivoit alors l’histoire naturelle & la chimie & faisoit un cabinet. Je crois qu’il aspiroit à l’Académie des sciences ; il vouloit pour cela faire un livre & il jugeoit que je pouvois lui être utile dans ce travail. Mde. D[...]n, qui de son côté méditoit un autre livre, avoit sur moi des vues à-peu-près semblables. Ils auroient voulu m’avoir en commun pour une espèce de secrétaire & c’étoit là l’objet des semonces de Thieriot.