Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/130

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quittant, ce ne sont pas là des fautes, ce sont des bassesses d’âmes & des noirceurs.

J’ai promis ma confession, non ma justification ; aussi je m’arrête ici sur ce point. C’est à moi d’être vrai, c’est au lecteur d’être juste. Je ne lui demanderai jamais rien de plus.

Le mariage de M. de C

[henonceau] x me rendit la maison de sa mere encore plus agréable, par le mérite & l’esprit de la nouvelle mariée, jeune personne très aimable & qui parut me distinguer parmi les scribes de M. D[...]n. Elle étoit fille unique de Mde. la vicomtesse de R

[ochechouar] t, grande amie du Comte de F

[riès] e & par contrecoup de G[...], qui lui étoit attaché. Ce fut pourtant moi qui l’introduisis chez sa fille : mais leurs humeurs ne se convenant pas, cette liaison n’eut point de suite ; & G[...], qui Dès-lors visoit au solide, préféra la mère, femme du grand monde, à la fille, qui vouloit des amis sûrs & qui lui convinssent, sans se mêler d’aucune intrigue ni chercher du crédit parmi les grands. Mde. D[...]n, ne trouvant pas dans Mde. de C

[henonceau] x toute la docilité qu’elle en attendoit, lui rendit sa maison fort triste ; & Mde. de C

[henonceau] x, fière de son mérite, peut-être de sa naissance, aima mieux renoncer aux agrémens de la société & rester presque seule dans son appartement, que de porter un joug pour lequel elle ne se sentoit pas faite. Cette espèce d’exil augmenta mon attachement pour elle, par cette pente naturelle qui m’attire vers les malheureux. Je lui trouvai l’esprit métaphysique & penseur, quoique parfois un peu sophistique. Sa conversation, qui n’étoit point du tout celle d’une jeune femme qui sort du couvent, étoit pour moi très attrayante.