Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/180

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De Luc, dont j’ai parlé, furent le jeune ministre Vernes, que j’avois déjà connu à Paris & dont j’augurois mieux qu’il n’a valu dans la suite ; M. Perdriau, alors pasteur de campagne, aujourd’hui professeur de belles-lettres, dont la société pleine de douceur & d’aménité me sera toujours regrettable, quoiqu’il ait cru du bel air de se détacher de moi ; M. Jalabert, alors professeur de physique, depuis conseiller & syndic, auquel je lus mon discours sur l’inégalité (mais non pas la dédicace) & qui en parut transporté ; le professeur Lullin, avec lequel, jusqu’à sa mort, je suis resté en correspondance & qui m’avoit même chargé d’emplettes de livres pour la bibliothèque ; le professeur V

[erne] t, qui me tourna le dos, comme tout le monde, après que je lui eus donné des preuves d’attachement & de confiance qui l’auroient dû toucher, si un théologien pouvoit être touché de quelque chose ; C

[happuis] commis & successeur de Gauffecourt, qu’il voulut supplanter & qui bientôt fut supplanté lui-même ; M

[arcet] de M

[ézières] ancien ami de mon père & qui s’étoit montré le mien ; mais qui, après avoir jadis bien mérité de la patrie, s’étant fait auteur dramatique & prétendant aux deux-cents, changea de maximes & devint ridicule avant sa mort. Mais celui de tous dont j’attendis davantage fut M

[oultou] , jeune homme de la plus grande espérance par ses talents, par son esprit plein de feu, que j’ai toujours aimé, quoique sa conduite à mon égard ait été souvent équivoque & qu’il ait des liaisons avec mes plus cruels ennemis, mais qu’avec tout cela je ne puis m’empêcher de regarder encore comme appelé à être un jour le défenseur de ma mémoire, & le vengeur de son ami.