Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/203

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Tous ces divers projets m’offroient des sujets de méditation pour mes promenades : car, comme je crois l’avoir dit, je ne puis méditer qu’en marchant ; sitôt que je m’arrête, je ne pense plus & ma tête ne va qu’avec mes pieds. J’avois cependant eu la précaution de me pourvoir aussi d’un travail de cabinet pour les jours de pluie. C’étoit mon Dictionnaire de musique, dont les matériaux épars, mutilés, informes, rendoient l’ouvrage nécessaire à reprendre presque à neuf. J’apportois quelques livres, dont j’avois besoin pour cela ; j’avois passé deux mais à faire l’extroit de beaucoup d’autres, qu’on me prêtoit à la bibliothèque du roi & dont on me permit même d’emporter quelques-uns à l’Hermitage. Voilà mes provisions pour compiler au logis, quand le tems ne me permettoit pas de sortir & que je m’ennuyois de ma copie. Cet arrangement me convenoit si bien, que j’en tirai parti tant à l’Hermitage qu’à Montmorenci & même ensuite à Motiers, où j’achevai ce travail tout en en faisant d’autres & trouvant toujours qu’un changement d’ouvrage est un véritable délassement.

Je suivis assez exactement, pendant quelque temps, la distribution que je m’étois prescrite & je m’en trouvois très-bien ; mais quand la belle saison ramena plus fréquemment Mde. D’

[Epina] y à E

[pina] y ou à la C[...]e, je trouvai que des soins qui d’abord ne me coûtoient pas, mais que je n’avois pas mis en ligne de compte, dérangeoient beaucoup mes autres projets. J’ai déjà dit que Mde. D’

[Epina] y avoit des qualités très aimables : elle aimoit bien ses amis, elle les servoit avec beaucoup de zèle ; & n’épargnant pour